L'Enquête Nationale sur la Famille (ENF 2025) du Haut-Commissariat au Plan met en lumière une tendance marquée au sein de la population célibataire. Plus de la moitié des individus de 18 ans et plus ne prévoient pas de contracter un mariage. Cette statistique révèle des disparités importantes selon les tranches d'âge, avec un taux de refus de 64,6 % chez les 18-24 ans, tandis que les plus de 55 ans affichent un taux de 67,6 %. Les 25-39 ans et les 40-54 ans présentent des taux de non-intention inférieurs, respectivement de 40,4 % et 36 %.
Les motivations de ce refus varient significativement selon le genre et l'âge des répondants. Les contraintes économiques et matérielles représentent le principal obstacle pour 39 % des célibataires au total. Ce chiffre s'élève à 54 % lorsqu'on interroge spécifiquement les hommes. Pour les femmes, la priorité est davantage liée à la poursuite des études, une raison citée par 49,2 % d'entre elles comme motif principal de non-mariage.
Les facteurs relationnels et familiaux constituent la motivation pour 29,6 % des répondants. À l'inverse, pour la part de la population qui maintient l'intention de se marier, l'objectif est clair : 77,6 % des célibataires souhaitant s'unir motivent ce choix par la volonté de fonder une famille et d'avoir des enfants. Les considérations liées à la stabilité socio-économique, aux normes culturelles ou religieuses, ainsi qu'aux aspects sentimentaux sont citées de manière beaucoup moins fréquente.
Le choix du conjoint révèle également des préférences distinctes selon le genre. Les hommes privilégient davantage l'homogamie sociale dans leur sélection, tandis que les femmes tendent vers l'hypergamie. Par ailleurs, l'origine géographique ne semble pas être un critère déterminant pour la grande majorité, puisque 82,4 % des célibataires se déclarent indifférents sur ce point précis.
La question du profil du partenaire est également abordée par l'enquête. Une large majorité de 79,5 % des répondants rejette l'idée de se marier avec une personne déjà mariée, divorcée ou veuve. Enfin, pour ceux qui recherchent un partenaire, la fidélité, la confiance, le soutien et le sens des responsabilités sont identifiés comme les qualités les plus importantes par 44,7 % des sondés.
Les données du Haut-Commissariat au Plan soulignent ainsi une mutation des intentions matrimoniales au Maroc, où les facteurs économiques et éducatifs pèsent lourdement sur les décisions individuelles. La structure des motivations montre une séparation nette entre les aspirations familiales de ceux qui souhaitent s'unir et les obstacles matériels ou académiques qui freinent les autres.
Contexte
L'Enquête Nationale sur la Famille (ENF 2025) est une étude statistique réalisée par le Haut-Commissariat au Plan pour analyser les évolutions sociologiques de la population marocaine.
Pourquoi c’est important
Ces chiffres illustrent une évolution des comportements sociaux où les impératifs économiques et la poursuite des études modifient les trajectoires de vie traditionnelles.
À suivre
L'évolution des taux de nuptialité dans les prochaines enquêtes du HCP.
L'impact des contraintes économiques sur la démographie à long terme.
Ce que les sources ne disent pas encore
L'enquête ne précise pas les revenus exacts des répondants ni la région géographique précise des données.