La deuxième Matinale de l'Export, organisée le 15 octobre 2026 à Casablanca par l'Association marocaine des exportateurs (ASMEX) et la Société marocaine d'assurance à l'exportation (SMAEX), a placé la sécurisation des créances au centre des échanges pour les entreprises opérant sur les marchés africains. L'obtention d'un contrat à l'étranger ne suffit plus : les exportateurs doivent pouvoir garantir son règlement face aux risques d'insolvabilité, de transfert de devises, d'instabilité politique ou de recouvrement complexe.
Le directeur général de la SMAEX, Hicham Zaki, a détaillé les mécanismes de couverture des risques liés aux opérations commerciales internationales. Le dispositif Tassdir+, soutenu par l'État et destiné aux exportateurs marocains de biens et de services, constitue la pierre angulaire de cette stratégie. Il couvre les risques commerciaux et politiques dans 15 pays africains, y compris sur certains marchés difficilement accessibles aux systèmes classiques d'assurance.
Selon les paramètres présentés lors de la rencontre, les plafonds de crédit varient de 150 000 à 1,5 million de dirhams par acheteur, en fonction du pays et du niveau de risque. La part garantie peut atteindre 80 %, tandis que les primes s'établissent entre 0,5 % et 1,75 % selon les destinations. Ces seuils techniques définissent le périmètre d'intervention concret du dispositif pour les entreprises candidates.
Au-delà de la protection contre les impayés, l'assurance-crédit est présentée comme un levier pour faciliter l'accès au financement bancaire. En sécurisant le poste clients, elle améliore la qualité des actifs que les banques peuvent prendre en garantie, ce qui devrait fluidifier le crédit à l'export. L'ASMEX insiste sur la nécessité de mieux faire connaître ces instruments et d'améliorer leur articulation pour une mobilisation plus aisée.
Les échanges ont également porté sur l'Assurance Prospection et l'Assurance Foire, deux dispositifs complémentaires destinés à accompagner les entreprises dans leurs démarches de développement commercial à l'international. Ces outils visent à réduire l'exposition financière en amont de la signature des contrats, lors des phases de prospection et de participation aux salons professionnels.
Les risques identifiés — insolvabilité des acheteurs, difficultés de transfert de devises, instabilité politique, contraintes de recouvrement — dessinent la cartographie des obstacles réels rencontrés par les exportateurs marocains en Afrique. La réponse institutionnelle s'articule autour de la combinaison de ces garanties publiques pour apporter une couverture adaptée à chaque profil de marché.
La source unique (LeBrief et Infomédiaire reprenant la même communication) ne permet pas de confirmer de manière indépendante le nombre d'entreprises déjà bénéficiaires, le volume d'exportations couvert à ce jour, ni le calendrier de déploiement éventuel vers d'autres pays africains. L'évaluation de l'effectivité du dispositif sur le terrain reste à documenter.
Contexte
Le Maroc renforce ses outils financiers pour accompagner l'internationalisation de ses entreprises vers l'Afrique, continent où les risques de paiement freinent souvent l'expansion. L'assurance-crédit publique agit comme un filet de sécurité pour encourager la prise de risque commercial sur des marchés à fort potentiel mais à gouvernance incertaine.
Pourquoi c’est important
La structuration d'une offre d'assurance-crédit calibrée sur 15 pays africains, avec des paramètres techniques précis (plafonds, quotité, primes), traduit une volonté opérationnelle de passer de l'intention politique à l'outil utilisable par l'exportateur. L'…
À suivre
Taux de souscription effectif au Tassdir+ par les exportateurs marocains sur les 15 pays cibles.
Éventuelle extension de la liste des pays couverts au-delà des 15 actuels.
Articulation concrète entre l'assurance-crédit et le financement bancaire pour mesurer l'impact réel sur la trésorerie des entreprises.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les deux sources reprennent la même communication institutionnelle sans recoupement indépendant. Absence de données sur le nombre de bénéficiaires actuels, le volume garanti, les sinistres réglés, ou l'avis d'exportateurs utilisateurs. Pas de confirmation du calendrier d'éventuelle extension géographique.