Le mardi 26 mai 2026, aux alentours de 11 h, la Rahba de Mejjatia à Médiouna présentait des enclos vides, un contraste saisissant avec les foules habituelles qui se pressent chaque année pour choisir un mouton avant l’Aïd al‑Adha. Aucun troupeau n’était visible, et le silence régnait, témoignant d’une rupture brutale de l’offre habituelle.
Le même constat s’est répété dans d’autres lieux de la capitale : le souk Sidi Othmane, le souk Ibn Tachefine et les fermes de Médiouna affichaient des stands dépourvus d’animaux, laissant les acheteurs repartir les mains vides après avoir parcouru les allées à la recherche d’un mouton.
Lors du week‑end du 23‑24 mai, le marché municipal installé en lisière de la Foire internationale de Casablanca a déjà montré les premiers signes de faiblesse. Sur les 25 stands aménagés par la municipalité, à peine plus de la moitié étaient occupés, et le nombre d’animaux exposés était nettement inférieur aux attentes habituelles pour la période précédant l’Aïd.
Le lundi 25 mai, au marché des anciens abattoirs de Hay Mohammadi, les prix du kilogramme vif ont atteint entre 90 et 95 DH, une hausse qui a alimenté des frictions entre vendeurs et acheteurs, chaque partie cherchant à tirer le meilleur parti d’une offre restreinte.
Des professionnels du secteur attribuent cette pénurie à une mauvaise répartition géographique de l’offre. Selon eux, les « chennakas », intermédiaires souvent qualifiés de spéculateurs, auraient réagi aux mesures de contrôle récemment mises en place en désertant certains marchés, réduisant ainsi la disponibilité des animaux dans les zones concernées.
Les mesures de contrôle mentionnées par les acteurs du marché ne sont pas détaillées dans les informations disponibles, mais leur impact semble avoir créé un climat d’incertitude parmi les intermédiaires, qui ont préféré se retirer plutôt que de prendre le risque de stocker ou de transporter les moutons vers les points de vente habituels.
Cette situation a généré des tensions palpables entre les vendeurs, qui peinent à écouler leurs stocks, et les acheteurs, qui voient leurs budgets gonflés par la hausse des prix et la rareté des animaux, ce qui risque de compromettre la capacité de certaines familles à respecter la tradition de l’Aïd al‑Adha.
Au-delà de Casablanca, des rapports font état de tensions similaires dans d’autres régions du Maroc, indiquant que le phénomène n’est pas strictement localisé mais pourrait refléter un déséquilibre plus large entre l’offre et la demande à l’échelle nationale.
Les autorités locales n’ont pas encore communiqué de mesures correctives ou d’explications officielles concernant la pénurie, laissant les commerçants et les consommateurs dans l’attente d’une réponse qui pourrait stabiliser le marché avant la célébration de l’Aïd.
En l’absence d’informations supplémentaires, il reste difficile de quantifier l’impact exact de la pénurie sur les prix finaux payés par les ménages, ni d’évaluer la durée probable de cette rupture d’approvisionnement, ce qui maintient un climat d’incertitude jusqu’à la fin du week‑end de l’Aïd.
Contexte
L’Aïd al‑Adha, fête musulmane marquant le sacrifice, entraîne chaque année une forte demande de moutons dans tout le Maroc, les marchés se remplissent habituellement de bêtes prêtes à être achetées par les familles pour la célébration.
Pourquoi c’est important
La rupture d’approvisionnement en moutons à la veille de l’Aïd peut affecter la capacité des ménages à respecter une tradition religieuse centrale, tout en entraînant une hausse des prix qui pèse sur le pouvoir d’achat des consommateurs.
À suivre
Éventuelles interventions des autorités locales pour rééquilibrer l’offre.
Évolution des prix du kilogramme vif dans les jours suivant l’Aïd.
Réactions des intermédiaires et des commerçants face à la pénurie.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les mesures de contrôle évoquées, ni le nombre exact d’animaux manquants sur chaque marché, et ne donnent pas de données officielles sur les interventions éventuelles des autorités.