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Économie

Hydrogène vert au Maroc : le modèle économique jugé non viable sans partenariats stratégiques

Hassan Edman, professeur à la Faculté d’Agadir, estime que le Maroc possède des atouts naturels pour l’hydrogène vert, mais que la compétitivité dépendra de collaborations ciblées.

Hassan Edman: «Le modèle n’est pas viable «en soi» aujourd’hui; il le deviendra grâce à des partenariats stratégiques»
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Rédaction LeFrontline Cellule analyse Rabat
PubliéMardi 26 mai 2026 à 00:02 2 min de lecture
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  • Le Maroc possède un potentiel solaire et éolien parmi les meilleurs au monde, garantissant un coût de production d’électricité bas. Source tracée
  • Selon Edman, la viabilité du modèle d’hydrogène vert repose sur la compétitivité des coûts, la gestion durable de l’eau et la création d’un écosystème industriel intégré. Source tracée
  • Le professeur souligne que la réduction de la dépendance aux importations d’énergie et l’allègement de l’empreinte environnementale sont les deux objectifs majeurs de la politique énergétique marocaine. Source tracée
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Le professeur Hassan Edman, enseignant en économie et gestion à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales d’Agadir, a déclaré que le Maroc dispose d’atouts naturels majeurs, notamment un potentiel solaire et éolien exceptionnel, pour se positionner dans la course mondiale à l’hydrogène vert. Il précise que ces ressources garantissent un coût de production d’électricité parmi les plus bas au monde, condition sine qua non pour la compétitivité du processus de production d’hydrogène.

Edman rappelle que la politique économique du Maroc s’articule autour de deux objectifs : réduire la dépendance du pays aux fournisseurs internationaux d’énergie et diminuer l’empreinte environnementale du secteur énergétique. Il indique que la diversification du mix électrique, incluant le solaire, l’éolien et désormais l’hydrogène vert, répond à ces deux impératifs, tout en s’inscrivant dans une logique de souveraineté énergétique.

Le professeur souligne que la viabilité économique du modèle d’hydrogène vert repose aujourd’hui sur la compétitivité des coûts. Il mentionne que, malgré le potentiel naturel, le coût de production de l’hydrogène reste élevé en l’absence de mécanismes de réduction des dépenses, notamment liés à l’approvisionnement en eau, ressource critique pour l’électrolyse.

Concernant la gestion de l’eau, Edman indique que la durabilité de l’approvisionnement en eau constitue un défi majeur. Il précise que le Maroc doit mettre en place des stratégies de gestion intégrée de l’eau afin d’éviter que la production d’hydrogène ne compromette les besoins agricoles et domestiques, un point qui pourrait freiner l’expansion de la filière si aucune solution n’est trouvée.

L’intégration industrielle est un autre pilier identifié par Edman. Il estime que la création d’un écosystème capable de transformer le potentiel énergétique en valeur ajoutée locale nécessite des investissements dans la chaîne de valeur, depuis la production d’électricité jusqu’à la conversion, le stockage et la commercialisation de l’hydrogène, ainsi que le développement de compétences techniques spécialisées.

Face à ces contraintes, le professeur Edman avance que le modèle économique ne pourra devenir viable qu’à travers des partenariats stratégiques. Il ne détaille pas les partenaires envisagés, mais insiste sur le fait que des collaborations publiques‑privées, ainsi que des alliances avec des acteurs internationaux, sont essentielles pour mobiliser les capitaux, les technologies et les savoir‑faire nécessaires.

Edman indique que le Maroc a déjà multiplié les annonces autour de l’hydrogène vert, mais que la concrétisation de projets dépendra de la capacité à aligner les intérêts économiques, environnementaux et géopolitiques. Il note que les annonces seules ne suffisent pas à garantir la création d’une filière industrielle robuste et exportable.

Le professeur met en garde contre une vision trop optimiste du modèle sans prise en compte des coûts réels. Il rappelle que la compétitivité doit être évaluée à l’échelle du marché mondial, où les acteurs déjà établis bénéficient d’économies d’échelle et de technologies matures, ce qui rend la concurrence particulièrement rude pour un pays en phase de lancement.

Enfin, Edman conclut que le succès de l’hydrogène vert au Maroc dépendra de la capacité à transformer les atouts naturels en avantages économiques tangibles, grâce à une gouvernance efficace, une gestion durable des ressources et des partenariats qui permettent de réduire les coûts et d’assurer la pérennité de la filière.

Contexte

Le Maroc a annoncé plusieurs projets d’énergie renouvelable ces dernières années, visant à atteindre une capacité installée de plusieurs gigawatts d’ici la fin de la décennie, dans le cadre d’une stratégie nationale de transition énergétique.

Pourquoi c’est important

L’hydrogène vert représente une opportunité de réduire la dépendance du Maroc aux importations d’énergie fossile, tout en créant des emplois qualifiés et en stimulant l’innovation industrielle locale.

À suivre

L’avancement des projets pilotes d’hydrogène vert et leurs résultats économiques.

Les accords de partenariat conclus avec des acteurs internationaux du secteur énergétique.

Ce que les sources ne disent pas encore

Les sources ne précisent pas les partenaires envisagés, les montants d’investissement exacts ni les échéances précises des projets d’hydrogène vert au Maroc.

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