Le Maroc devrait importer moins de blé tendre français cette saison en raison d'une amélioration significative de sa production nationale, ont indiqué mardi des responsables à Reuters. Grâce à de meilleures précipitations, la production nationale a plus que doublé, atteignant 4,4 millions de tonnes. Cette amélioration contraste fortement avec la saison précédente, marquée par une sécheresse qui avait affecté la récolte marocaine et la qualité des céréales.
En conséquence de cette hausse de la production locale, le Maroc a suspendu les importations de blé tendre en juin pour protéger sa récolte nationale, avant de les reprendre en septembre. Cette mesure temporaire visait à privilégier l'utilisation du blé produit sur le territoire marocain durant la période de pic de récolte.
Quentin Bellet, de l’association française des exportateurs de céréales, prévoit que les expéditions françaises vers le Maroc pourraient s'élever à environ 2,5 millions de tonnes entre septembre 2026 et mai 2027. Ce chiffre représente une baisse par rapport aux 3,5 millions de tonnes livrées lors de la saison précédente, lorsque la sécheresse avait réduit la production nationale marocaine.
Avec une récolte de 32 millions de tonnes cette année, la France a déjà vendu au Maroc 600 000 tonnes de blé en octobre. Selon Philippe Heusele du groupe Intercéréales, basé à Casablanca, « nous disposons de volumes suffisants pour répondre sans difficulté aux besoins du Maroc », a-t-il déclaré à Reuters.
Bien que la récolte marocaine soit plus abondante, les importateurs subissent une hausse des prix du blé, la demande européenne réduisant l'offre disponible sur le marché international. Ils s'efforcent de s'approvisionner en blé auprès de la France, de l'Allemagne et d'autres pays européens pour reconstituer leurs stocks.
Les stocks de blé au Maroc s'élèvent actuellement à 600 000 tonnes, soit environ deux mois de consommation intérieure, selon Moulay Abdelkader Alaoui, président de la Fédération nationale de la minoterie. Ce niveau de réserve reste limité malgré l'augmentation de la production nationale.
M. Alaoui précise que la subvention à l'importation de septembre n'a pas complètement comblé l'écart entre les coûts d'importation et les prix locaux, laissant les minotiers confrontés à un différentiel de coût persistant malgré les mesures de soutien public.
Contexte
Le marché du blé en Afrique du Nord est fortement influencé par les aléas climatiques et les politiques publiques d'importation, avec une dépendance historique aux fournisseurs européens comme la France et l'Allemagne pour compléter la production locale lorsqu'elle est insuffisante.
À suivre
Suivre l'évolution réelle des importations françaises de blé vers le Maroc durant la saison 2026-2027 pour vérifier si les prévisions de 2,5 millions de tonnes se confirment.
Observer si la hausse des prix du blé persiste malgré l'abondance de la production nationale marocaine et l'effet des subventions à l'importation.
Vérifier si le Maroc maintient sa stratégie de suspension temporaire des importations lors des périodes de pic de récolte nationale dans les saisons à venir.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne permettent pas de confirmer le montant exact de la subvention à l'importation de septembre, ni de détailler sa mise en œuvre opérationnelle. Elles ne précisent pas non plus les volumes exacts de blé importés d'Allemagne ou d'autres pays européens, ni ne fournissent de données sur la consommation intérieure mensuelle ou annuelle du Maroc pour valider l'estimation de deux mois de stocks.