Au deuxième trimestre 2026, le chômage strict a chuté à 9,5 %, un niveau qui, selon les partisans du gouvernement, place le Maroc en dessous de la barre des dix pour la première fois depuis plusieurs années. Cette baisse est mesurée à partir de la recherche active d’emploi, conformément à la nouvelle méthodologie adoptée par le HCP, qui s’aligne sur les normes les plus récentes de l’OIT et de l’OCDE.
La création nette de 279 000 emplois rémunérés entre le 1ᵉʳ et le 2ᵉ trimestre constitue un indicateur clé de la dynamique du marché. Ce nombre reflète l’augmentation de l’emploi formel, mais ne prend pas en compte les emplois non rémunérés ou informels, qui restent un sujet de préoccupation pour les observateurs économiques.
En parallèle, la sous‑utilisation de la main‑d’œuvre, qui inclut le sous‑emploi et la main‑d’œuvre potentielle, s’élève à 18,9 %. Ce taux élargi, introduit dans la nouvelle méthodologie, montre que, malgré la baisse du chômage strict, une part importante de la population active ne travaille pas à plein temps ou ne trouve pas d’emploi correspondant à ses compétences.
La main‑d’œuvre totale, composée d’employés rémunérés et de chômeurs au sens strict, atteint 11 764 000 personnes au T2 2026, soit une hausse de 147 000 personnes par rapport au premier trimestre. Cette augmentation reflète une légère expansion du marché du travail, mais elle ne compense pas entièrement les défis liés à la participation des femmes et des jeunes.
Les données de l’EMO indiquent que la participation des femmes reste faible, un point que l’opposition souligne comme un frein à la croissance inclusive. Les chiffres précis sur la participation féminine ne sont pas détaillés dans la source, mais la préoccupation est clairement exprimée dans les analyses politiques.
De même, le taux de chômage chez les jeunes demeure élevé, un indicateur qui alimente les débats sur la nécessité de réformes éducatives et de programmes de formation professionnelle ciblés. Le rapport ne fournit pas de chiffres exacts sur la tranche d’âge, mais l’exclusion des jeunes est mentionnée comme un sujet de préoccupation majeur.
Le nouveau indicateur élargi, qui additionne le chômage strict, le sous‑emploi et la main‑d’œuvre potentielle, ressort à 18,5 %. Cette mesure offre une perspective plus large sur l’efficacité du marché du travail, mais elle souligne également la persistance d’une sous‑utilisation importante de la main‑d’œuvre.
À quelques semaines des élections législatives, chaque parti politique trouve dans ces chiffres des arguments pour soutenir son programme. Les partisans du gouvernement mettent en avant la baisse du chômage strict, tandis que l’opposition insiste sur la sous‑utilisation et la faible participation des femmes et des jeunes.
Les implications de ces données sont multiples : elles influencent les décisions de politique publique, les stratégies d’investissement privé et les attentes des citoyens quant à l’emploi. La prochaine livraison de l’EMO, prévue pour le T3 2026, sera cruciale pour suivre l’évolution de ces indicateurs clés.
Les limites de la source sont notables : les chiffres détaillés sur la participation des femmes, le taux de chômage des jeunes et la répartition sectorielle de la création d’emplois ne sont pas fournis, ce qui restreint la capacité à analyser les causes profondes des tendances observées.
Contexte
L’Enquête sur la main‑d’œuvre (EMO) du Haut‑Conseil du Travail (HCP) constitue la principale source d’information sur le marché du travail marocain. Elle est mise à jour chaque trimestre et adopte une méthodologie conforme aux normes internationales de l’OIT et de l’OCDE.
Pourquoi c’est important
Ces chiffres montrent que, bien que le chômage strict ait diminué, une part importante de la population active reste sous‑employée ou non active, ce qui limite la croissance économique et la cohésion sociale.
À suivre
Suivi de la création d’emplois rémunérés au T3 2026
Évolution de la participation des femmes et des jeunes
Comparaison des indicateurs avec les normes internationales
Ce que les sources ne disent pas encore
Les données ne précisent pas la répartition sectorielle, la participation des femmes, ni le taux de chômage des jeunes.