Intervenant lors de l'ouverture du « Mardi de la Branche » organisé par la Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (FIMME), Nizar Baraka a insisté sur la nécessité de repenser la gouvernance de l'industrie navale. Selon lui, cette démarche doit impérativement intégrer la modernisation du cadre juridique et fiscal, le renforcement de la formation aux métiers maritimes ainsi que l'établissement de mécanismes de financement adaptés aux besoins spécifiques du secteur.
Le constat établi par le ministre met en évidence un décalage entre le potentiel géographique du pays et la réalité économique du secteur. Le Maroc dispose d'un littoral de 3 500 kilomètres et d'un réseau de 43 ports, dont 14 sont ouverts au commerce extérieur. Pourtant, la contribution de l'industrie de la construction navale au produit intérieur brut (PIB) reste très faible, ne dépassant pas 0,04 %.
L'impact social de l'activité demeure également limité selon les données chiffrées. Les résultats du plan stratégique de 2020 indiquent que seulement 700 emplois ont été créés entre 2013 et 2020 dans ce domaine. Ces chiffres illustrent les difficultés de croissance du secteur malgré l'importance des ressources maritimes disponibles sur le territoire.
Nizar Baraka a identifié plusieurs défis structurels qui freinent le développement de cette branche. Il a notamment cité la faiblesse des infrastructures spécialisées, l'obsolescence du cadre juridique et réglementaire actuel, l'absence de mécanismes de financement adaptés et le manque de compétences spécialisées nécessaires pour soutenir l'activité.
Pour répondre à ces problématiques, le département de Nizar Baraka a élaboré, en collaboration avec le ministère de l'Industrie et du Commerce, un plan directeur pour le développement des infrastructures portuaires dédiées à la construction navale. Ce plan est projeté à l'horizon 2030 et vise à structurer l'outil de production portuaire.
Ce programme de développement mobilise des investissements globaux estimés à environ 4 milliards de dirhams. Une part majeure de ces fonds est destinée à la réalisation d'un nouveau bassin de construction et de réparation navale au port de Casablanca, pour un montant de 2,7 milliards de dirhams.
En plus du projet de Casablanca, des études sont actuellement en cours pour évaluer le développement de nouvelles infrastructures. L'objectif affiché par les autorités est de transformer le potentiel littoral en une véritable capacité industrielle de construction et de maintenance navale.
Les limites actuelles du secteur, marquées par un manque de spécialisation et des cadres réglementaires dépassés, constituent le point de départ de cette nouvelle stratégie de développement. La réussite de ce plan dépendra de la capacité à lever les obstacles liés au financement et à la formation professionnelle.
Contexte
Le secteur de la construction navale au Maroc s'inscrit dans un cadre de gestion des infrastructures portuaires où le littoral joue un rôle central grâce à ses 3 500 kilomètres de côtes.
Pourquoi c’est important
La faible part de la construction navale dans le PIB souligne l'urgence de transformer le potentiel géographique en valeur ajoutée économique et en emplois qualifiés.
À suivre
L'avancement des études pour les nouvelles infrastructures portuaires.
La mise en œuvre effective du nouveau bassin de réparation à Casablanca.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas la nature exacte des nouvelles infrastructures en cours d'étude ni le calendrier précis des investissements.