L'économie nationale a évolué durant l'année 2025 dans un environnement mondial caractérisé par un niveau élevé d'incertitudes. Ces incertitudes sont notamment liées aux implications de la politique tarifaire américaine ainsi qu'à la persistance des tensions géopolitiques mondiales. Malgré ce contexte, le pays a enregistré des performances notables, avec une croissance de l'économie s'établissant à 4,9%. Cette progression a été soutenue par la dynamique de l'investissement dans les infrastructures économiques et sociales.
Sur le front des prix, l'inflation est restée à des niveaux bas durant l'exercice, s'établissant en moyenne à 0,8%. Cette stabilité monétaire a influencé les décisions de la Banque Centrale. En mars 2025, Bank Al-Maghrib a procédé à une baisse de son taux directeur de 25 points de base, ramenant ce dernier à 2,25%. Ce taux a été maintenu inchangé sur le reste de l'année 2025.
Le secteur bancaire a affiché une croissance de sa taille globale. Le bilan a enregistré une hausse de 6,8%, atteignant un niveau équivalent à 119% du PIB. Parallèlement, le crédit bancaire a progressé de 6,5% au cours de la période, tandis que les dépôts collectés auprès de la clientèle ont connu un accroissement de 7,6%.
La rentabilité des banques conventionnelles a été marquée par une progression de 22% des résultats cumulés. Concernant les banques participatives, leur rentabilité, déjà en territoire positif depuis 2023, a poursuivi son amélioration durant l'exercice 2025. Ces résultats témoignent de la performance globale du secteur des établissements de crédit.
La solidité financière des institutions est confirmée par les indicateurs de solvabilité. Le ratio moyen de solvabilité s'est situé à 16,1%, dépassant largement le minimum réglementaire de 12%. De même, le ratio moyen de fonds propres de catégorie 1 s'est établi à 13,5%, pour un seuil réglementaire fixé à 9%. Ces chiffres sont présentés sur une base consolidée.
En ce qui concerne la qualité des actifs, le rapport note une atténuation des niveaux de risque. Le taux de créances en souffrance s'est situé à 8,3% sur base sociale. Sur une base consolidée, ce taux de créances en souffrance s'est établi à 8,8%, montrant une tendance à la décélération par rapport aux périodes précédentes.
La Banque Centrale a également assuré la gestion de la liquidité bancaire. Elle a continué à satisfaire l'intégralité des demandes de liquidités formulées par les banques. Cette action s'inscrit dans une volonté de renforcer les efforts pour faciliter l'accès au financement, notamment pour les très petites entreprises (TPE).
La présentation de ce 22ème rapport a été effectuée par Nabil Badr, directeur de la Supervision bancaire à Bank Al-Maghrib. L'intervention a permis de détailler les mécanismes de régulation et de contrôle mis en œuvre par l'institution pour encadrer les activités des organismes assimilés et des établissements de crédit.
Contexte
Le rapport annuel de Bank Al-Maghrib constitue un outil de transparence sur la santé du système financier marocain, analysant les indicateurs de solvabilité, de liquidité et de qualité des actifs.
Pourquoi c’est important
La stabilité des ratios de solvabilité et la maîtrise de l'inflation à 0,8% indiquent un environnement macroéconomique stable pour le secteur bancaire malgré les tensions géopolitiques mondiales.
À suivre
L'évolution du taux directeur lors des prochaines réunions de Bank Al-Maghrib.
La trajectoire du taux de créances en souffrance sur base consolidée.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les montants exacts en dirhams pour la croissance du crédit ou des dépôts, ni le détail des actifs par type d'établissement.