Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) prévoit une trajectoire fluctuante pour le déficit commercial marocain sur les deux prochaines années. Selon les données de son Budget Économique Exploratoire 2027, le déficit devrait d'abord s'accentuer pour atteindre 21,9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026, contre 20,5 % actuellement. Cette phase de creusement précéderait une phase d'allègement, avec un déficit projeté à 21,1 % du PIB pour l'année 2027.
L'évolution des exportations de biens est étroitement liée à la demande de la part des partenaires commerciaux du Maroc. Le HCP indique que le volume des exportations de biens devrait connaître une stagnation autour de 4 % en 2026. Cette situation s'expliquerait par un ralentissement de l'activité économique chez les principaux partenaires, impactant directement la demande adressée au Royaume et pénalisant ainsi les flux sortants.
À l'inverse, une reprise de la croissance des exportations est anticipée pour l'année suivante. Le volume des exportations de biens devrait marquer une progression de 5,7 % en 2027. Parallèlement, la valeur globale des exportations de biens et services devrait augmenter de 8,3 % en 2026, puis de 7,5 % en 2027, selon les indicateurs de l'institution.
Le volet des importations devrait peser sur la balance commerciale durant cette période. Le volume des importations de biens devrait enregistrer une hausse de 8,5 % en 2026, suivie d'une croissance de 7,3 % en 2027. En termes de valeur, la facture des importations de biens et services devrait augmenter de 10,5 % en 2026, avant de connaître une décélération à 6,1 % en 2027.
Le secteur des services offre une dynamique différente, montrant une solidité structurelle face aux perturbations des chaînes de valeur mondiales. Le HCP note une bonne tenue des recettes issues du transport et du tourisme. Cette performance des services devrait permettre de réduire significativement le déficit en ressources, qui passerait de 12,3 % du PIB en 2026 à 10,9 % en 2027.
Les transferts des Marocains résidant à l'étranger (MRE) constituent un autre facteur de soutien pour l'économie nationale. Le HCP prévoit que ces flux devraient maintenir leur tendance favorable, et ce, malgré la dégradation du pouvoir d'achat observée en Europe, ce qui stabilise une composante essentielle des ressources du pays.
Les prévisions du HCP soulignent que le contexte de 2026 sera marqué par des facteurs d'offre favorables mais aussi par des conditions externes contraignantes. Cette dualité devrait influencer la capacité du pays à contenir son déficit commercial avant la phase de réduction prévue pour 2027.
L'analyse du HCP repose sur une observation des flux de biens et de services, tout en tenant compte de la conjoncture économique des partenaires commerciaux. Les données mettent en lumière l'importance de la balance des services pour compenser l'alourdissement de la facture des importations de biens.
Contexte
Ces projections s'inscrivent dans le cadre du Budget Économique Exploratoire 2027 publié par le Haut-Commissariat au Plan, l'organisme officiel chargé de la statistique et de l'analyse économique au Maroc.
Pourquoi c’est important
La trajectoire du déficit commercial est un indicateur clé de la dépendance du pays vis-à-vis des marchés extérieurs et de la capacité de l'économie nationale à absorber les chocs de demande de ses partenaires.
À suivre
L'évolution réelle de la demande économique chez les principaux partenaires commerciaux.
La capacité des recettes touristiques à maintenir leur niveau de croissance actuel.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas la composition exacte des biens importés ni la liste exhaustive des partenaires commerciaux dont le ralentissement est mentionné.