L'enquête, conduite sur une période de trois mois entre le 4 janvier et le 31 mars 2026, repose sur un échantillon de 62 organisations. Le panel inclut des entités issues de secteurs variés tels que la banque, les services financiers, l'assurance, les télécommunications, l'énergie, l'industrie, le secteur public, l'administration, la santé, les services et le conseil. Cette diversité de secteurs permet de dresser un état des lieux de la situation sécuritaire numérique au Maroc.
Les résultats détaillent la sévérité de cette pénurie de talents. Parmi les organisations interrogées, 55 % estiment que la pénurie de compétences est d'intensité modérée, tandis que 29 % la jugent critique. À l'inverse, seuls 8 % des répondants déclarent ne pas être affectés par ce manque de ressources humaines spécialisées. Enfin, 8 % des organisations interrogées indiquent ne pas être en mesure d'évaluer l'impact de cette situation sur leur activité.
L'étude met en évidence une évolution notable de la maturité numérique des structures. L'indice global de maturité cyber a enregistré une hausse de sept points, passant de 49 % en 2025 à 56 % en 2026. Cette progression de 14 % marque une transition technique majeure, faisant passer les organisations d'un stade de développement à un niveau de maturité qualifié de « défini » par les analystes de l'AUSIM et de PwC.
Le déficit de compétences ne constitue plus un simple risque émergent selon les répondants, mais une réalité structurelle. Cette situation est susceptible d'affecter directement la capacité des entreprises marocaines à protéger leurs systèmes d'information. Elle pourrait également limiter la poursuite des efforts d'innovation au sein de ces organisations, en raison de la fragilité des infrastructures numériques.
Le manque de compétences spécialisées représente un obstacle technologique majeur. Selon le rapport, ce déficit constitue le principal frein à l'adoption de l'intelligence artificielle pour 40 % des organisations interrogées. Cette corrélation souligne l'interdépendance entre la maîtrise des outils de cybersécurité et la capacité à intégrer de nouvelles technologies avancées dans les processus opérationnels.
Pour pallier ce manque de ressources internes, 32 % des organisations ont déjà recours à des prestataires externes et à des services managés. Si cette solution permet de maintenir une activité sécurisée, l'étude précise qu'elle pourrait renforcer la dépendance des entreprises envers les fournisseurs de services. Cette dynamique pourrait se faire au détriment du développement d'une expertise interne durable au sein des structures marocaines.
L'analyse souligne ainsi une tension entre la volonté de montée en maturité technologique et la disponibilité réelle des profils qualifiés sur le marché. La transition vers un niveau de maturité « défini » se heurte à une pénurie qui touche la quasi-totalité des secteurs représentés dans l'échantillon, créant un décalage entre les ambitions numériques et les capacités de protection effectives.
Contexte
L'étude a été réalisée par l'Association des utilisateurs des systèmes d'information au Maroc (AUSIM) en collaboration avec le cabinet PwC, couvrant un large spectre d'activités économiques et administratives.
Pourquoi c’est important
La transition vers un niveau de maturité 'défini' montre une progression technique, mais la pénurie de talents crée un risque structurel pour la protection des systèmes et l'innovation technologique.
À suivre
L'évolution du recours aux prestataires externes par rapport à la formation interne.
L'impact réel du manque de compétences sur le déploiement de l'intelligence artificielle.
Ce que les sources ne disent pas encore
L'étude ne précise pas le nombre exact de professionnels formés ou les types de spécialisations les plus recherchés.