Parmi les six valeurs du secteur agroalimentaire coté à Casablanca, Mutandis, Cosumar et Lesieur Cristal se distinguent par leur poids dans les échanges. Dari Couspate, Unimer et Cartier Saada, en revanche, affichent une liquidité très limitée, avec peu de séances véritablement animées. Cette concentration des transactions sur trois titres reflète une dynamique contrastée au sein du secteur, où les grandes capitalisations dominent l’activité boursière.
Mutandis, l’une des principales valeurs du secteur, a vu son titre reculer de près de 6 % depuis le début de l’année. Cette baisse s’explique notamment par des chocs simultanés en 2025, dont l’arrêt de l’usine de Aïn Ifrane. Le pôle hygiène, bien que porté par la notoriété croissante de Vitaïa, reste marginal dans le portefeuille global de l’entreprise. À l’international, la dépendance de la marque Season au marché américain constitue un risque persistant.
Cosumar, autre acteur majeur du secteur, bénéficie d’un environnement plus favorable grâce au reflux des prix alimentaires sur le marché local. Cette détente des prix, combinée à une amélioration attendue de la campagne agricole 2025-2026, pourrait soutenir la performance de l’entreprise. Cependant, les analystes soulignent que cette dynamique reste conditionnée par l’évolution des matières premières à l’international.
Lesieur Cristal, troisième pilier du secteur, voit ses perspectives influencées par les fluctuations des prix des huiles végétales, des céréales et du sucre. Si les huiles végétales reculent, les céréales et le sucre restent orientés à la hausse, ce qui limite l’ampleur du reflux des prix alimentaires locaux. Cette situation crée un environnement contrasté pour les entreprises du secteur, où les gains sur certains produits sont contrebalancés par des hausses sur d’autres.
Les analystes de la place boursière estiment que le secteur agroalimentaire pourrait tirer parti d’un retour progressif à la normale après une année 2025 marquée par des difficultés structurelles. Pour Mutandis, cela passe par une stabilisation de son activité boissons et une meilleure répartition des volumes entre l’export et le marché local. Pour Cosumar et Lesieur Cristal, l’accent est mis sur l’adaptation aux variations des prix des matières premières.
Malgré un repli global de 5 %, le secteur agroalimentaire conserve des atouts, notamment sa capacité à bénéficier d’un environnement macroéconomique plus favorable. La baisse des prix alimentaires locaux et l’amélioration de la campagne agricole offrent un cadre plus porteur pour les entreprises du secteur. Cependant, cette dynamique reste fragile et dépendra de la stabilité des marchés internationaux.
Les incertitudes entourant la répartition des volumes entre l’export et le marché local, ainsi que la dépendance de certaines marques à des marchés étrangers, ajoutent une couche de complexité à la reprise du secteur. Pour Mutandis, la question de la répartition des volumes entre les États-Unis et d’autres marchés reste un point de vigilance majeur.
Les perspectives du secteur agroalimentaire à la Bourse de Casablanca s’inscrivent dans un contexte où les prix des matières premières jouent un rôle clé. Si les huiles végétales reculent, les céréales et le sucre continuent de peser sur les coûts de production. Cette situation impose aux entreprises une gestion rigoureuse de leurs approvisionnements pour préserver leurs marges.
Les trois valeurs dominantes du secteur – Mutandis, Cosumar et Lesieur Cristal – devront démontrer leur résilience face à ces défis. Leur capacité à s’adapter aux variations des prix et à stabiliser leurs activités locales et internationales sera déterminante pour leur performance future.
Enfin, la liquidité très limitée des trois autres valeurs du secteur (Dari Couspate, Unimer, Cartier Saada) souligne les disparités au sein du marché agroalimentaire coté. Cette situation pourrait évoluer si ces entreprises parviennent à renforcer leur visibilité ou à attirer de nouveaux investisseurs, mais cela reste incertain à court terme.
Contexte
Le secteur agroalimentaire coté à la Bourse de Casablanca représente un segment clé de l’économie marocaine, avec six valeurs représentant des pans variés de l’industrie. Leur performance reflète à la fois les dynamiques locales, comme l’évolution des prix alimentaires, et les tendances internationales, notamment les fluctuations des matières premières. Cette double exposition rend le secteur particulièrement sensible aux chocs externes et internes.
Pourquoi c’est important
La performance du secteur agroalimentaire coté à Casablanca offre un indicateur précieux de la santé économique du pays, tant pour les investisseurs que pour les autorités. Une reprise durable de ce secteur pourrait signaler une stabilisation des prix aliment…
À suivre
L’évolution des prix des matières premières, notamment des céréales et du sucre, qui restent orientés à la hausse.
La capacité de Mutandis à stabiliser son activité boissons et à rééquilibrer ses volumes entre l’export et le marché local.
Les performances de Cosumar et Lesieur Cristal, dont la résilience dépendra de leur gestion des approvisionnements et des prix.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne précisent pas les montants exacts des pertes ou gains des entreprises, ni les détails des chocs structurels en 2025. Les perspectives restent conditionnées à des hypothèses sur la campagne agricole et les prix des matières premières, sans garantie de réalisation.