Le groupe minier Managem, filiale de la holding royale Al‑Mada, a annoncé le 26 mai 2026 l’acquisition de la totalité des parts de la société britannique Sound Energy détenues au Maroc, via sa filiale Sound Energy Meridja Limited (SEML). Cette opération porte la participation de Managem à 75 % dans la concession d’exploitation du gisement de Tendrara, située dans la région de l’Oriental, tandis que l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) conserve les 25 % restants.
Francis Perrin, chercheur associé au Policy Center for the New South (PCNS), a expliqué à TelQuel que le retrait de Sound Energy s’explique principalement par un manque de capacité financière. Selon lui, bien que la société britannique possède de solides compétences en géosciences, elle ne dispose pas des ressources nécessaires pour financer la phase de développement du projet, qui requiert des investissements nettement supérieurs à ceux de l’exploration.
Mehdi Daoudi, consultant expert en énergie et développement durable, a rappelé que les premiers forages réalisés il y a près de dix ans avaient donné des résultats encourageants, suscitant des attentes positives quant à la viabilité économique du gisement. Cependant, il a souligné que deux forages ultérieurs, désignés T‑9 et T‑10, se sont avérés non exploitables, entraînant une forte dépréciation de la valeur boursière de Sound Energy.
Le contexte financier de Sound Energy a été aggravé par la chute de sa capitalisation boursière, qualifiée de « catastrophique » par les analystes cités dans l’article. Cette perte de valeur a limité la capacité de l’entreprise à lever les fonds nécessaires pour passer de l’exploration à la phase de développement, un passage qui implique des coûts d’infrastructure, de production et de commercialisation bien plus élevés.
L’acquisition par Managem s’inscrit dans une stratégie de consolidation du secteur gazier marocain, où les acteurs nationaux cherchent à sécuriser des parts de projets prometteurs. En contrôlant la majorité de la concession de Tendrara, Managem pourra désormais orienter les décisions techniques et financières, tout en collaborant avec l’ONHYM, qui reste le partenaire public du projet.
Le projet Tendrara, lancé il y a plus d’une décennie, vise à exploiter un gisement de gaz naturel dont les premières évaluations indiquaient un potentiel commercial intéressant. Les résultats des forages T‑9 et T‑10, toutefois, ont mis en évidence des incertitudes quant à la continuité de la production, soulignant la nécessité d’une nouvelle phase d’évaluation avant tout investissement majeur.
Les sources ne précisent pas les étapes suivantes du développement du champ, ni le calendrier envisagé pour la mise en production. Elles indiquent toutefois que la capacité financière de Managem, soutenue par la holding Al‑Mada, pourrait permettre de lever les fonds requis, à condition que les études techniques confirment la rentabilité du gisement.
Enfin, l’article souligne que l’absence d’informations détaillées sur les engagements financiers futurs, les éventuels partenaires techniques ou les modalités de partage de production entre Managem et l’ONHYM constitue une limite importante pour évaluer les perspectives concrètes du projet Tendrara.
Contexte
Le secteur gazier marocain, encore embryonnaire, compte plusieurs projets d’exploration et de développement, dont Tendrara, qui a suscité l’intérêt dès les premières découvertes de gaz il y a dix ans.
Pourquoi c’est important
La prise de contrôle majoritaire par Managem pourrait influencer la capacité du Maroc à développer ses ressources gazières domestiques, réduisant ainsi la dépendance aux importations d’énergie.
À suivre
L’avancement des études techniques sur le potentiel réel du gisement de Tendrara.
Les éventuels accords de financement ou de partenariat que Managem pourrait conclure pour financer la phase de développement.
Ce que les sources ne disent pas encore
Les sources ne donnent pas de détails sur le montant exact de l’acquisition, les échéances de développement du projet, ni les engagements financiers futurs de Managem ou de l’ONHYM.